Vendredi, 3 septembre, 2010 • Volume VIII, No. 454

 

LA PAIX : MISSION IMPOSSIBLE ?
Herb Keinon
Jerusalem Post, 2 septembre, 2010

"Regardez autour de vous, est-ce que quelqu'un à l'air surpris ?", s'est exclamé l'un des membres de l'entourage Binyamin Netanyahou juste avant que leur avion ne se pose à Washington mardi dernier. Ils venaient d'apprendre qu'une attaque terroriste avait été perpétrée près de Kiryat Arba. Et, en effet, personne n'a été surpris par cette attaque, qui a tué quatre Israéliens. Sept enfants sont aujourd'hui orphelins.

Outragés ? Oui. En colère ? Oui. Frustrés ? Oui. Mais surpris ? Pas vraiment. Il n'est pas étonnant que des terroristes utilisent la violence pour faire échouer ces négociations directes. La surprise vient plutôt du fait que nous ayons à faire à une attaque en voiture et non à des tirs de roquettes. Finalement, cette tragédie soulève une question essentielle : que faire du Hamas ? Comment le neutraliser ? Et, plus encore, comment neutraliser l'un de ses soutiens majeurs, l'Iran?

Eradiquer le terrorisme d'abord

Il y a deux semaines, un représentant américain en visite officielle en Israël s'est vu posé la question suivante : les Etats-Unis ont-ils pensé aux futures tentatives de ruiner les négociations par la violence et comment comptent-ils les gérer ? Ce risque est pris en compte par le gouvernement, qui fait tout ce qu'il peut pour le neutraliser, a répondu le représentant, sans donner plus de détails. Comme à Annapolis il y a trois ans, personne n'ose parler du Hamas. Les deux parties discutent d'un règlement définitif du conflit sans évoquer, publiquement en tout cas, la première des questions : que faire du mouvement islamiste ?

Au début de la présidence de Barack Obama, beaucoup pensaient que la résolution du conflit israélo-palestinien aiderait la communauté internationale à traiter avec l'Iran. Si seulement Israël acceptait de se montrer plus flexible avec les Palestiniens… L'attaque terroriste de mardi dernier a malheureusement souligné que les événements se dérouleront de manière inverse : l'éradication du terrorisme, d'abord, permettra d'établir une certaine stabilité et ensuite, peut-être, de conclure un accord de paix. Sans cela, le terrorisme soutenu par l'Iran et la Syrie continuera à frapper, que les négociations israélo-palestiniennes se poursuivent ou non.

QUATRE JUIFS ASSASSINÉS PAR DES TUEURS PSYCHOPATHES ISLAMISTES
Guy Millière
Drzz.info, 1 septembre, 2010

Je ne veux pas écrire qu’il y a une volonté délibérée d’incitation à la haine dans la façon dont sont rédigées les dépêches qu’on retrouve dans tous les journaux. Mais je ne peux m’empêcher de le penser. Et il est des fois où l’incitation à la haine me donne envie de vomir.

« Quatre colons Israéliens tués », lira-t-on le plus souvent puisque ce sont les mots qu’on trouve dans la dépêche de l’AFP (je crois que cela veut dire Agence France Palestine, je vérifierai plus tard). Le simple mot « colon », comme le mot « colonie » sont en soi des infamies destinées à susciter des réflexes pavloviens et à faire saliver de haine le lecteur moyen. Colon, colonie, cela évoque le temps où on colonisait l’Afrique noire, ou l’Algérie. Cela a déjà un parfum raciste. Et puis « tuer », c’est un mot bien neutre, bien propre, pour décrire ce qui est un assassinat de sang froid commis par des lâches qu’il m’arrive de vouloir qualifier d’immondices.

Ce que je pense devoir écrire est que les Juifs Israéliens qui vivent en Judée-Samarie ne sont pas des colons, et ne créent pas de colonies. Ce sont des gens qui cultivent la terre, qui créent des entreprises. Ce sont des gens qui ne prennent la propriété de personne et qui font fleurir le désert, transforment des lieux de poussière et de pierres en champs fertiles. Ce sont des gens qui pourraient vivre en harmonie avec leurs voisins arabes si ceux-ci n’étaient pas racistes, antisémites, et plus portés sur le meurtre que vers le travail en raison d’un lavage de cerveau intensif opéré par des gens dont Mahmoud Abbas et ses acolytes font partie.

Ce que je pense devoir ajouter est que ceux qui les traitent de colons sont des racistes qui se placent au service d’autres racistes. Ils demandent en effet, comme l’Autorité Palestinienne et comme le Hamas une Judée-Samarie ethniquement pure, vidée de toute présence juive : et ils prétendent faire cela au nom des droits de l’homme ! Quels droits de l’homme ? Le droit de pratiquer l’épuration ethnique est-il un droit de l’homme ?

Ce que je pense devoir préciser est que tirer sur des gens désarmés, tuer deux couples, deux hommes et deux femmes, tuer de surcroît un enfant à naître puisque l’une des femmes était enceinte, mérite un mot qu’on trouve à la fin du film "A bout de souffle" : « Dégueulasse ».  Apparemment, comme Jean Seberg dans le film, les journalistes ne savent pas ce que cela veut dire, dégueulasse. Moi si, je sais. Et ces gens se prétendent des guerriers ! Ce sont les mêmes qui à Gaza se cachent derrière des femmes et des enfants, et les utilisent comme boucliers humains : ils n’osent pas affronter l’ennemi. Ils préfèrent tirer dans le dos. Ils sont ce qu’il y a de plus méprisable aujourd’hui sur cette terre.

Ce qui doit être souligné, de surcroît, est que non seulement ces gens que, oui, je qualifie d’immondices,  ne sont pas seuls. Ils sont sans doute contents d’eux. Mais il y en a des milliers qui sont encore plus contents et qui font la fête. Car dans divers villages et dans des villes palestiniennes on a fait la fête, oui. En l’honneur des héros : comme c’est héroïque de tirer sur une femme enceinte. Bravo !

Le Hamas se réjouit et revendique l’acte. C’est logique. Quand je vois un rassemblement du Hamas quelque part, je me demande souvent pourquoi l’armée israélienne n’envoie pas du napalm pour nettoyer l’emplacement. Il n’y aurait aucun risque qu’il y ait des victimes innocentes : à un rassemblement du Hamas, il n’y a pas d’innocents.

L’Autorité Palestinienne et le Hamas ne vont sans doute pas le condamner. Et s’ils le font en anglais, ils se garderont bien de le faire en arabe pour une simple raison : ils approuvent.

Il y a une forme de partage du travail. Le Hamas commet les actes les plus « dégueulasses ». Eux, ils préparent le terrain en demandant que les points de contrôle qui permettent d’entraver les actions des immondices soient levés. Ce qui facilite l’action des immondices. C’est ce qui s’est passé ce 31 août. A l’entrée de Kiryat Arba, près de la ville biblique de Hebron, habitée par des Juifs depuis des millénaires et que certains voudraient rendre judenrein, comme disait l’auteur de Mein Kampf, ouvrage qu’on lit beaucoup chez les Palestiniens sans que cela semble déranger leurs amis gauchistes. Quinze points de contrôle sur dix-neuf supprimés l’an dernier étaient à proximité d’Hebron.

Il y a aussi une forme de partage du travail auquel contribuent les dirigeants politiques européens et l’administration Obama, puisqu’ils disent en chœur qu’il faut supprimer les points de contrôle aux fins d’instaurer la « confiance » et de permettre le développement économique chez les Palestiniens.

La presse qui incite à la haine contribue elle-même au partage du travail en minimisant l’horreur des faits, voire en la justifiant.

J’ai souvent le sentiment de vivre une époque honteuse. On ne choisit pas, je sais.

J’ai souvent le sentiment qu’avoir des valeurs éthiques en cette époque ne sert à rien. Je garde mes valeurs éthiques néanmoins.

Et je dis ici qu’aucune forme de paix ne sera possible au Proche-Orient tant qu’il y aura des groupes aussi abjects que le Hamas ou, au Nord le Hezbollah. La salubrité élémentaire impliquerait que ces groupes connaissent une défaite irrémédiable. Et je dis bien : irrémédiable.

Je dis qu’aucune forme de paix ne sera possible tant que l’Autorité Palestinienne continuera à inculquer la haine et le racisme dans ses médias et ses écoles. La paix, le respect de l’autre, cela s’apprend. Et si les pays européens et l’administration Obama avaient un minimum de sens moral, ils demanderaient d’abord, pendant une vingtaine d’années, une éducation et des médias différents dans tous les territoires où il y a des arabes palestiniens. L’étape suivante pourrait alors être envisagée. Pour le moment, on ravale des êtres humains au statut de bête sauvage, dès l’enfance, en ces lieux. Les résultats ne peuvent que suivre. Un enfant qui brandit un fusil et qu’on pousse à se réjouir quand des Juifs sont assassinés a l’esprit vicié de manière difficilement remédiable. Et que dire des adultes ?

Tant qu’on a affaire à des bêtes sauvages, il faut se protéger : c’est à cela que servent les points de contrôle et la barrière de sécurité. Si les bêtes sauvages s’humanisent, on peut passer à une politique plus souple. Pas avant.

Bien sûr, il n’y a pas que les arabes palestiniens qui sont concernés. Il y a de multiples pathologies mentales qui parcourent le monde arabe et le monde musulman, sous la forme de l’islam radical, par exemple. Il y a ces dimensions pathologiques propres à l’islam lui-même et sur lesquelles je reviendrai. Il y a l’Iran des mollahs et de Mahmoud Ahmadinejad, les talibans en Afghanistan, chez qui on apprend à des gamins de douze ans comment découper une tête d’homme au couteau de cuisine et comment défigurer les femmes réputées impures.

J’y reviendrai aussi : la doctrine Bush avait le mérite immense de prendre en compte le fait que le monde musulman est profondément malade et doit être soigné avant que la « paix » puisse venir. Bush parlait d’un Etat palestinien en disant que cet Etat devait être démocratique, économiquement viable, tolérant. Il savait qu’un Etat conforme à cette définition avait dans le court et le moyen terme autant de chance de voir le jour qu’un géomètre avait de chance de dessiner un cercle carré.

Obama veut faire croire à Netanyahu qu’il sait dessiner des cercles carrés. Il reste à souhaiter que Netanyahu discerne qu’on le prend pour un idiot, et qu’il a en face de lui, du côté américain, un ramassis de gauchistes cyniques, et du côté Abbas, un homme moins fiable qu’un tueur à gages de la mafia.

 

LES ALLIÉS ISRAÉLIENS DE WASHINGTON
Caroline Glick
Jerusalem Post, 1 septembre, 2010
Adaptation française de Sentinelle 5770

La Gauche israélienne sait que peu importe combien son projet politique est rejeté à toute force par le public, le gouvernement des USA soutiendra ses membres. Alors que le Premier ministre Benyamin Netanyahou se rend à Washington pour un autre round mort-né de discussions avec le dirigeant du Fatah Mahmoud Abbas, organisé par le président des USA Barack Obama, il sera probablement préoccupé par une question

Ce ne sera par l’exigence d’Obama d’interdire aux Juifs de construire des synagogues, des écoles et de foyers à Jérusalem, en Judée et Samarie. Netanyahou ne se demandera pas pendant combien de temps Abbas pourra tenir le rôle de ‘président palestinien’ avant que son peuple ne le chasse. Le mandat d’Abbas s’est achevé en janvier 2009.

Le dirigeant élu d’Israël pensera à l’Iran. Il se demandera comment le gouvernement des USA réagira s’il envoie les Forces Aériennes d’Israël (FAI) bombarder les installations nucléaires de l’Iran. Les USA permettront-ils aux avions de chasse des FAI de survoler l’espace aérien irakien contrôlé par les USA ? Ou Obama suivra-t-il le conseil de son mentor en politique étrangère Zbigniew Brzezinski pour donner l’ordre aux Forces aériennes des USA de descendre ces avions de chasse, d’abandonner l’alliance USA-Israël et d’adopter un nouveau rôle de protecteur du programme des armes nucléaires de l’Iran ? Alors que Netanyahou se demande si l’on peut faire confiance aux USA, d’autres Israéliens dorment profondément la nuit en sachant que ‘Uncle Sam’ dispose de leur soutien.

La Gauche israélienne sait que peu importe combien son projet politique est rejeté à toute force par le public, le gouvernement des USA soutiendra ses membres et financera ses projets. Cette semaine en préparation des discussions, ‘l’Initiative de Genève’ ouvertement subversive, a lancé une campagne de relations publiques de plusieurs millions de dollars visant le public.

Son objectif est de persuader les Israéliens que le Fatah est un partenaire légitime pour la paix. La campagne est financée par ‘USAID’.   Selon le journal ‘Yediot Aharonot’, ‘l’Initiative d e Genève’ a engagé Ron Asulin, l’un des principaux metteurs en scène du pays, pour scénariser et diriger des reportages commerciaux dépeignant des membres du Fatah déclarant aux Israéliens qu’ils sont des partenaires de paix crédibles. ‘L’Initiative de Genève’ a invité Alon Goldstein du ‘Yediot’ à visualiser les sessions d’enregistrement à Ramallah.   Son article, publié dimanche, est un clin d’oeil fascinant à la boutique de propagande de la Gauche. Goldstein écrit comment Asulin a dit à Saeb Erekat du Fatah de commencer sa déclaration par le mot « shalom », « ça sera efficace » a promis Asulin.

Parmi ses autres réalisations, Erekat a joué un rôle majeur dans les accusations diffamatoires de l’AP en 2002 dans lesquelles lui et ses camarades ont accusé Israël de massacres dans le camp de réfugiés de Jénine pendant l’Opération « Bouclier Défensif ». Il a déclaré sur CNN qu’Israël avait tué « plus de 500 personnes », et à prétendu que 300 avaient été enterrées dans des fosses communes.   En réalité, les pertes palestiniennes dans cette bataille se sont montées à 54 ; environ 90 % d’entre eux étaient des combattants. 23 soldats de Tsahal ont été tués. Les seuls massacres ont été les attentats suicides à la bombe qui ont tué environ 500 Israéliens – dont 80 % étaient des civils – dans les mois précédents ‘Bouclier Défensif’.   Non seulement Erekat n’a jamais rétracté ses déclarations, mais il les a répétées.

Mais ne vous inquiétez pas. Il a dit “shalom” plutôt agréablement.

Le suivant sur la liste des porte-parole financés par les USA, l’homme fort du Fatah Jibril Rajoub, qui a été essentiel dans le montage d’une alliance opérationnelle entre le Fatah et le Hamas et facilité la guerre terroriste contre Israël il y a dix ans. Durant les années 90 hurlantes, Rajoub a recruté assidûment des membres du Hamas dans sa Force de Sécurité Préventive en Judée et Samarie.

Tout récemment, le 10 mai, il est apparu sur la télévision palestinienne et a dit : « Construire une école et jeter un grenade à main, selon moi, c’est de la résistance. Je construis l’école de façon à renforcer les motivations de mon peuple, comme l’un des divers aspects de la résistance, et quand il faut jeter une grenade ou lancer une roquette, je ferai cela aussi bien, du fait de ma croyance dans la victoire inévitable de ma cause et de son bien-fondé ».   La semaine dernière, les USA l’ont payé pour être filmé en déclarant aux Israéliens que nous devrions lui faire confiance. Ce n’était pas une mince affaire. Selon le ‘Yediot’, « Asulin a dû travailler dur » pour obtenir que Rajoub dise le mot « partenaire ».   Puis il y a le chef de la propagande du Fatah Yasser Abed Rabbo. Comme ministre de la culture et de l’information de Yasser Arafat, c’est Abed Rabbo qui mit fin à la liberté de la presse par l’AP peu après son établissement en 1994. Sous son règne, journalistes et rédacteurs étaient emprisonnés et battus, les journaux étaient fermés et les imprimeries étaient incendiées. En 2002, Abed Rabbo surpassa Erekat dans ses condamnations trompeuses d’Israël. Il accusa Israël de « creuser des fosses communes pour 90 Palestiniens du camp de réfugiés de Jénine ».

En 2001, il ordonna aux media de l’AP d’arrêter de filmer les célébrations de masse des attaques du 11 septembre aux USA.   Malgré sa longue carrière de propagandiste, Asulin a dû se censurer à cause de lui. Il dut convaincre Abed Rabbo d’arrêter de pointer son doigt devant la caméra. « Quand vous pointez votre doigt, vous me mettez vraiment en garde. Vous faites des menaces ».

Cela vaut la peine de s’arrêter un instant pour observer la nature de ‘l’Initiative de Genève’ financée par les USA, et qui joue les prolongations pour présenter au public un tableau totalement déformé de la réalité. C’est l’invention subversive la plus réussie en Israël – de l’ancien ministre de la justice et ancien dirigeant du Parti Meretz Yossi Beilin.   Beilin est l’architecte de tous les désastres stratégiques majeurs d’Israël depuis 17 ans. Il a été l’architecte des désastreux ‘Accords d’Oslo’ de 1993 qui ont intronisé Arafat comme un partenaire de paix et lui ont conféré le pouvoir d’entamer une campagne terroriste et de guerre politique qui s’est poursuivie longtemps après sa mort en 2004.   Beilin est l’architecte des désastreuses négociations de Taba en 2000 dans lesquelles le Premier ministre Ehud Barak, engagé dans un conflit, a offert à Arafat le Mont du Temple alors que les hommes d’Arafat assassinaient des Israéliens sur les routes, dans des autobus et des cafés.

En 2002 Beilin a oeuvré avec Colin Powell du Département d’Etat pour dessiner la soi-disant Carte Routière pour la paix au Moyen-Orient. Ce document a été le plus anti-Israël jamais adopté par un gouvernement des USA. Le gouvernement Sharon parvint en grande partie à faire échouer l’initiative en convaincant le président George W. Bush d’accepter que les exigences draconiennes du document ne pouvaient être exécutées qu’après que les Palestiniens auraient suspendu leur guerre terroriste.   Ses ambitions vérifiées par la violence incessante des Palestiniens, Beilin trouva un autre support pour saper son gouvernement. En 2003, il créa un partenariat avec le gouvernement suisse et l’Union Européenne en fondant ‘l’Initiative de Genève’. L’initiative était une tentative ouverte pour subvertir la capacité légale du gouvernement de conduire la politique étrangère. Beilin et Abed Rabbo rassemblèrent leurs partisans à Genève, tinrent des « négociations » mises en scène, et signèrent un « accord » selon lequel les Israéliens se pliaient à toutes les exigences palestiniennes et les Palestiniens les remerciaient. Le directeur de cabinet d’Ariel Sharon Dov Weissglas déclara dans un entretien en 2005 que Sharon était si hanté par cet affront qu’il fut convaincu de devoir s’engager dans le retrait de Gaza.   Avec le retrait du Sud Liban en 2000 – que Beilin dirigea aussi – le retrait de Gaza restera dans les annales de l’histoire d’Israël comme la plus grande bourde stratégique jusqu’à ce jour.

Sans surprise, le public a une sombre opinion de Beilin et de ses semblables. C’est pourquoi lors des dernières élections, Meretz a été pulvérisé comme représentant d’une force politique. Il ne gagna que trois sièges à la Knesset.   Mais Beilin et ses partisans ne s’en soucient guère.   Ils ne s’essaient à gagner le public en aucune manière. De nombreuses manières, ils sont le côté pile du Fatah. Exactement comme le Fatah n’est le représentant légal de personne, de même ils ne sont le représentant légal de pratiquement personne. Et de même que le Fatah dirige à travers un mélange de tyrannie et de corruption, de même ils cherchent à dicter le chemin d’Israël à travers un mélange de corruption et de subversion politique.

La toute nouvelle campagne de ‘l’Initiative de Genève’ était loin de ne démontrer que le profond mépris de la Gauche pour le Peuple d’Israël cette semaine.   Pendant la semaine, plus de 50 activistes d’extrême Gauche qui servaient de doublures d’acteurs, d’écrivains et de professeurs titulaires ont signé des lettres promettant de ne pas jouer au théâtre [de l’implantation] d’Ariel.

Comme Ariel est au-delà des lignes d’armistice de 1949, pour ce qui concerne ces artistes autoproclamés, ses résidents n’ont pas droit d’assister à des spectacles. D’un autre côté, comme l’acteur Doron Tabori, l’un des signataires, l’a mis en avant lors d’une apparition sur la chaîne de la Knesset, l’idée même que l’Etat puisse envisager de mettre fin au financement de son œuvre à la lumière de cette position discriminatoire est la preuve que ses critiques sont tous « fascistes et racistes ». Tabori est loin d’être isolé.   Son rejet de la légitimité de la critique du public et la diabolisation de ses critiques sont la marque étalon de la Gauche.

Prenez le Pr. Zeev Sternhell de l’université hébraïque par exemple. Il a publié un éditorial de Une dans le journal ‘Haaretz’ conseillant aux Palestiniens de limiter leurs actes meurtriers contre les Israéliens vivant au-delà des lignes d’armistice. Comme il le formule : « Il n’y a pas de doute sur la légitimité de la résistance armée dans les territoires eux-mêmes.

… Si les Palestiniens avaient du bon sens, ils concentreraient leur lutte contre les implantations… et s’abstiendraient de poser des bombes à l’ouest de la Ligne Verte. »

Dimanche, en réponse à la récente campagne du mouvement étudiant ‘Im Tirtzu’ contre la politique antisioniste de l’université Ben Gourion et du département de gouvernance, Sternhell a écrit un nouvel article dans ‘Haaretz’. Sous le titre : « Seule la force arrêtera la force », il a menacé le gouvernement. Si celui-ci continue de soutenir ‘Im Tirtzu’, si ses membres maintiennent leur appel à renvoyer les professeurs financés par l’Etat, et qui appellent au boycott d’Israël, alors les professeurs israéliens devraient œuvrer à fomenter un boycott international.   Comme il l’a dit : « Toute tentative de nuire au statut d’un conférencier pour des raisons politiques se heurtera à une réponse ferme de la faculté universitaire d’Israël. La réaction attendue de la communauté internationale, y compris un possible boycott, n’en sera pas moins douloureuse ».   C’est du fait de groupes tels les Sternhell et les Tabori que des groupes comme ‘l’Initiative de Genève’ ont tiré leur fondement.

Dimanche, Charles Krauthammer a écrit au sujet de l’abandon par le public américain de la Gauche politique et culturelle. Plutôt que d’envisager la possibilité que le public puisse avoir raison, il a écrit que la Gauche américaine répond à la répudiation de ses compatriotes américains en les diabolisant comme une bande d’intolérants.

Krauthammer conclut que la Gauche paiera dans les urnes en novembre pour son agression contre la société américaine. Comme il le formule : « Une rétribution est due aux élites arrogantes dont le mépris non dissimulé pour la masse des mal lavés les empêche de prêter une once de pensée de valeur à ceux qui osent s’opposer à eux ». Il a certainement raison pour l’Amérique. Mais leurs camarades en Israël ne souffriront pas une si totale défaite.   Alors que les dirigeants élus d’Israël en sont à se demander si les USA se tiendront derrière le pays au moment du plus grand besoin, les semblables de Beilin et Sternhell savent qu’ils peuvent compter sur Washington, qu’il pleuve ou qu’il vente.

 

ELIE WIESEL : L'ÂME JUIVE ET HUMANISTE
Nord-Eclair, 3 septembre 2010

Le prix Nobel de la Paix 1986, déporté avec sa famille quand il avait 15 ans, signe un passionnant roman « Otage » où reviennent ses thèmes de prédilection : le silence, la mémoire, la judaïcité.

Quel est l'élément déclencheur de ce roman ?

Le thème de l'otage est tellement brûlant. Il regroupe tant de paramètres : la solitude devant la mort, l'éloignement surtout pour quelqu'un qui n'est pas mêlé à la politique.

Rien d'autobiographique ?

Il y a eu quelque chose mais uniquement à la surface. Il y a à peu près deux ans, j'ai été victime d'une tentative d'enlèvement. J'étais à San Francisco pour une conférence et, dans l'ascenseur, un jeune homme de 22 ans a tenté de m'enlever. Il a avoué ensuite qu'il me suivait partout depuis des semaines et il a attendu que je sois seul pour me forcer à admettre que l'Holocauste n'avait pas eu lieu. J'ai commencé à hurler « Au secours » mais il ne se passait rien. Plus tard, j'ai appris qu'une vingtaine de personnes avaient entendu, mais aucune n'est venue. La porte de l'ascenseur s'est ouverte, il a pensé qu'on venait à mon secours et il a pris la fuite.

Cet événement a-t-il influé sur le livre ?

J'ai commencé à écrire ce livre un an avant cet incident. Depuis des années, j'essaie de tirer la sonnette d'alarme sur le terrorisme, ce danger qui guette le monde.

Le terrorisme est-il en mutation ?

Il a franchi les étapes et les degrés. Il y a eu la période romantique avec les anarchistes. Aujourd'hui, c'est la brutalité nue, l'extrême, le dépassement total. Au départ, on avait affaire à un terrorisme ciblé, par exemple un chef d'État ou des généraux. On s'en prend désormais à des anonymes.

Comme Shaltiel, le personnage principal d'« Otage »...

Il n'a jamais insulté quelqu'un ni défendu aucune cause. C'est un homme simple, un conteur qui adore les mots, les enfants et les vieillards.

Comment expliquez-vous que l'enfant, le vieillard et le fou reviennent de manière récurrente dans vos livres ?

Ce sont eux qui ont été les premiers à partir pendant la guerre. L'ennemi les a ciblés. Je me suis dit qu'ils méritaient un refuge, un toit, une identité. Et je leur offre donc ce qu'ils n'ont pas eu.

Le Talmud est-il votre référence première ?

Je l'étudie encore tous les jours. J'ai toujours un petit traité avec moi. C'est une vraie passion.

Vous écrivez à propos de Shaltiel : « Né sans doute dans la joie, j'ai toujours vécu dans l'angoisse ». Est-ce aussi votre cas ?

Bien sûr. Je me rends compte que le monde ne va pas bien, tout simplement. Qu'est-ce qu'on peut faire encore qu'on n'a pas déjà réalisé dans l'horreur ? L'antisémitisme continue de croître dans le monde entier. Le fanatisme au pouvoir m'angoisse. Ahmadinejad veut une bombe atomique pour anéantir l'État juif. L'angoisse qui m'accompagne tout le temps ne nie pourtant pas la joie.

Les enfants sont-ils la raison de votre engagement ?

Absolument. Chaque fois que j'ai épousé une cause pour les droits de l'Homme, cela a toujours commencé avec un visage d'enfant. J'enseigne aussi depuis 40 ans et j'adore ça. Il y a une relation affective entre mes élèves et moi. Je reste pour la plupart en contact avec eux.

Est-il impossible pour vous de ne pas vous retourner vers le passé ?

Je ne vis pas dans le passé, c'est le passé qui vit en moi. Je ne lui permets pas de gouverner ma vie au point de dire que le reste ne compte pas. Pas du tout. C'est parce que le passé est là que le reste compte et mérite toute mon attention.

Dans le livre, vous dites : « Ne jamais céder au chantage terroriste ». Est-ce vraiment la position d'Israël ?

(Hésitant) Ce n'est pas si simple que ça. Netanyahu est prêt à échanger un grand nombre de prisonniers de guerre, mais c'est lui qui veut les choisir. De l'autre côté, ils veulent aussi avoir le dernier mot concernant le choix des otages à libérer. Et puis, dans le passé, des prisonniers palestiniens libérés sont revenus le lendemain attaquer Israël.

Pourquoi autant d'interrogations dans votre écriture ?

Je ne vis que pour ça. Dans une société, un monde si vaste, il faut s'interroger. Le questionnement accompagne toute ma démarche, qu'elle soit personnelle ou collective. Pourquoi ai-je survécu ? Logiquement, je n'étais pas fait pour survivre, croyez-moi. J'étais toujours timide, craintif. Même dans les camps je n'ai rien fait pour survivre. Tant que mon père était vivant, je voulais rester en vie pour lui parce que je savais que si je mourais il allait se laisser aller. Il n'a pas tenu le coup. Les derniers jours à Buchenwald, on a évacué le camp parce que les Américains approchaient. Nous étions dans un bloc pour enfants, près du portail. Si je l'avais franchi, je ne serais plus là. Puis, il y a eu une alerte aérienne et on a été libéré quelques heures plus tard.

Avez-vous toujours foi en Dieu ?

Disons qu'il s'agit d'une une foi blessée.

L'aviez-vous perdue au sortir des camps?

Au contraire. Après la guerre, je suis devenu plus religieux qu'avant. C'était une volonté pour montrer à l'ennemi qu'il n'avait pas vaincu. C'est après seulement, quand j'ai commencé à étudier la philosophie, que cela a un peu changé. On ne peut pas concevoir Auschwitz sans Dieu. Je ne divorce pas, mais je me dispute avec lui.

Vous dites :« Le peuple juif, en exil depuis 2 000 ans, n'a jamais opprimé un autre peuple ». À votre avis, pourquoi cet acharnement contre lui ?

Je ne sais pas. Pourquoi ce peuple-là ? Que les juifs soient riches ou pauvres, on les déteste. Le dalaï-lama, qui est un grand ami, m'a appelé et m'a dit : « Votre peuple est en exil depuis 2 000 ans et vous êtes toujours là. Mon peuple vient de sortir de chez soi et d'entrer en exil, je sais que la route sera longue. Expliquez-nous l'art de survivre ? ». Pour moi, aucun peuple n'est supérieur à un autre, aucune religion n'est supérieure à une autre. Chacun à sa façon peut revendiquer son identité profonde.

Depuis Carter, vous avez été reçu par tous les présidents américains...

Je suis une sorte d'envoyé présidentiel (rires). Quand Obama vous demande de l'accompagner à Buchenwald, (en juin dernier, ndlr) on ne peut pas refuser. Aucun de mes discours n'a eu un tel retentissement, pas à cause de moi mais de lui. Toutes les télévisions au monde ont retransmis ça en direct.

Pourquoi avoir refusé en 2006 la présidence de l'État d'Israël ?

Parce que, d'abord, ma femme aurait divorcé (rires). J'étais la deuxième personne non israélienne à qui on proposait ça. Le premier était Albert Einstein qui avait refusé parce qu'il ne parlait pas hébreu. Ehud Olmert, le Premier ministre, m'a dit : « Tu n'auras pas cette excuse ». J'ai été assiégé pendant deux mois. J'ai dû aller en Israël pour une conférence et j'ai eu une couverture médiatique sans précédent. Un journaliste me dit : « Mr le professeur Wiesel, est-ce parce que nous ne sommes pas assez bons pour vous que vous refusez cet honneur ? ».

Qu'avez-vous répondu alors ?

J'ai trouvé les mots justes : « Pourquoi vient-on vers moi ? Je n'ai rien, je ne suis pas milliardaire ni président de mouvement. Je n'ai que des mots mais ils sont à moi. Dès l'instant où je deviens Président, ils ne le seront plus ».

 
À propos
Juif.org, 1 septembre 2010

Portrait des 4 civils israéliens assassinés près de Hébron

Menapress, 3 septembre 2010
Guy Millière

La partie de poker menteur a commencé à Washington

Menapress, 31 août 2010
Michaël Béhé

Liban : cela s’est presque passé mardi dernier

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